jeudi 25 juin 2015

Les Reclusiennes - cuvée 2015

=> accastillage :
# moisson
http://is.gd/RtVDH7
ou
http://ur1.ca/mw1jc


50 évènements en 5 jours : chercheurs, écrivains et artistes interrogeront la marche, le voyage, le nomadisme, l’errance et bien sur la migration qui en sera le thème d’actualité.



* Mercredi 8 juillet 2015

=> Nous sommes tous des migrants - "Sainte Foy la Grande ville monde".

De 14h à minuit: cuisine collective autour de la farine de blé, mise en scène et en musique de textes de foyens migrants, expositions, concert jazz et bal gratuit.
Points forts de la journée: création musicale du saxophoniste François Corneloup autour des histoires de migrants en pays foyen et bal populaire.



* Jeudi 9 juillet 2015 :

=> Repenser les migrations

les chercheurs français et européens des questions migratoires se sont donnés rendez-vous aux Reclusiennes.
De 10h à minuit: 1 apéritif débat, 2 conférences, 4 ateliers, danses, expositions, films, paseo surprise.
Points forts de la journée: l'anniversaire des 50 ans de la revue Homme et Migrations; Danser les migrations avec Thierno NDiaye; l'entretien avec Catherine Withol de Wenden; l'hommage à Véronique de Rudder.



* Vendredi 10 juillet 2015 :

=> Marcher pour contester. De l'Italie au goulag, de Selma à Montgomery, des sans-papiers au livret de circulation.

De 10h à minuit: apéritif débat, conférences, ateliers, films, documentaires, concerts anarcho-punk.
Points forts de la journée: les entretiens sur le parvis avec Marie Poinsot "les marches pour l'égalité" et "la marche de l'anarchisme dans le monde" avec Gaetano Manfredonia; la conférence d'Axel Kahn "Entre deux mers, voyage au bout de soi".

* Samedi 11 juillet 2015 :

=> "Je vous écris du plus lointain de mes rêves", marcher pour penser le monde.De 10h à minuit: conférences, ateliers, salon littéraire, expositions, films, concert, spectacle.

Points forts de la journée: les grands entretiens du matin « Marcher, une philosophie » ; une surprise pour Claude Villers; la remise du prix des Reclusiennes à Christophe Dabitch (auteur de BD, ed. Futuropolis); "A l'abordage" le one-man-show comique de Daniel Villanova.


* Dimanche 12 juillet 2015 :
=> La grande marche.

De 8h à minuit: marche de 20km, entretiens, concert classique, film débat avec le réalisateur.
Points forts de la journée: pique-nique autour d'Elie Faure, concert de la soprano Ethel Brizard, Laurent Hasse présente son film "Le bonheur, terre promise" sélection des Reclusiennes 2015.

Pendant les Reclusiennes, les stagiaires en écriture musicale, les stagiaires en improvisation théâtrale et les artistes en résidence participent aux évènements et installent des "off" surprises au cours du festival.










Il est urgent d'agir, tract diffusé le 25 juin à Périgueux

 Il est urgent d'agir !

 Tract diffusé à la manifestation syndicale du 25 juin 2015

 

Depuis l’arrivée de la « gauche » au pouvoir en 2012, la machine libérale en marche n’a de cesse d’augmenter la cadence : les politiques menées portent de nombreux coups violents et répétés contre les travailleurs, tout en éclatant ce qui pouvait unir les salariés.

La loi Macron enterre un peu plus le Code du travail, détruit le CDI, favorise les licenciements, ampute le conseil des prud’hommes, englue la justice sociale, comble les quelques errements de la loi de sécurisation.

La loi Rebsamen (DUP, NAO, CHSCT), du nom du ministre du Travail, celui-là même qui a déclaré que
« le contrat de travail n’impose pas toujours un rapport de subordination entre l’employeur et le salarié [puisqu'il] est signé par deux personnes libres », est en concordance et en complément de la loi Macron. C’est un recul très net du droit des travailleurs, et une avancée terrible dans la sécurisation de la délinquance patronale.

On assiste là à la destruction des conquêtes globales obtenues depuis la Seconde Guerre mondiale, destruction qui se traduit par la mise à mort de la protection sociale amorcée notamment par le pacte de responsabilité, l’exonération des cotisations pour les bas salaires, le gel des aides au logement, la réforme des retraites, la modification de l’attribution des aides familiales.

Cette politique va de pair avec une destruction des services publics mise en œuvre de façon plus accentuée (la santé, notamment les hôpitaux, et l’action sociale, le logement, l’éducation) et qui nous inquiète bien que nous ne soyons pas attachés à une gestion étatique desdits services publics.

Les coups pleuvent de manière brutale et destructrice. Ces politiques s’accompagnent de celles qui visent à disloquer l’unité, l’égalité (le peu qu’il reste) des travailleurs. Dans les entreprises, ce sont les horaires décalés, les différences de rémunération, la discrimination positive ; au chômage, c’est la différenciation des allocations ; sur les territoires, c’est la réforme territoriale : non pas que l’on y soit attaché là encore, mais il existe des communes où la gestion directe pouvait exister. Sous la pression de l’Europe et de ses institutions internationales, l’État impose un pyramidage territorial nouveau qui tue la commune au profit des intercommunalités, des agglomérations, des régions. C’est le retour aux baronnies, aux fiefs.

La résistance est donc éclatée et vient, en outre, se heurter à l’antiterrorisme qui, prenant prétexte de la lutte contre un pseudo-ennemi intérieur, s’attaque brutalement aux dernières libertés individuelles et collectives de tous et toutes. La loi sur le renseignement, bientôt votée à l’Assemblée nationale, achève de faire de l’antiterrorisme un mode de gouvernement qui, déjà, s’en prend à des militants du mouvement social et syndical.

Dans ce contexte d’extrême brutalité, les divisions sont accentuées et exacerbent toutes les idées de rejet : xénophobie, racisme, repli sur soi, etc. Le système capitaliste s’en satisfait : pendant que l’on tape sur le travailleur immigré ou le chômeur, on ne se bat pas.

En face, qui réagit ? En Grèce, les mouvements sociaux de grande ampleur ont cédé à l’appel des urnes. Le parti d’extrême gauche tient un discours qui choque les Européens libéraux, mais il s’est littéralement couché devant eux. En France, les luttes dispersées et temporaires ne constituent pas de véritables révoltes. Les syndicats sont toujours plus muselés par le gouvernement, avec loi sur la représentativité, celle sur le financement des syndicats et, maintenant, avec l'idée d'un « sénat social » (intégration d’une partie des organisations syndicales par l’absorption d’une partie du CESE).

Mais le terrain de la lutte de classe se situe dans le combat syndical, notamment parce qu’il permet la remise en cause directe de l’exploitation capitaliste. Le paysage syndical s’est modifié il y a un peu plus de deux ans et le nouvel axe – sans occulter les logiques d’appareil – pourrait donner des résultats prometteurs. Les militants anarcho-syndicalistes entendent peser de tout leurs poids pour créer le rapport de force et construire par une réflexion approfondie, coordonnée et partagée la voix de la résistance.

Groupe Emma Goldman de la Fédération anarchiste - Périgueux

jeudi 23 avril 2015

Tract du groupe Emma Goldman pour le 1er mai 2015

 L’ÉMANCIPATION DES TRAVAILLEURS
SERA L’OEUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MÊMES !

Erosion continue des retraites, stagnation des salaires, multiplication des plans sociaux, hausse du chômage et de la précarité, vie chère et boulots stupides, démantèlement des services publics de la santé, de l’énergie, de l’éducation, des transports, chasse aux sans-papiers et répression des mouvements sociaux et on en passe… L’adage capitaliste selon lequel les pauvres doivent payer parce qu’ils sont les plus nombreux a bien été mis en pratique avec la crise. L’augmentation du nombre de chômeurs en est une preuve, de même que l’abandon progressif des services publics au profit du privé.

Après l’échec des mouvements avortés de 2003 et 2010 contre les réformes pro-patronales des retraites et de 2007 contre la réforme des régimes spéciaux,  les attaques anti-ouvrières se succèdent : CICE en 2012, ANI en 2013, pacte de responsabilité et réforme ferroviaire en 2014, loi Macron en 2015, loi Rebsamen à venir... le patronat avec l’aide des gouvernants et des syndicats collabos mène son offensive tout en ne rencontrant des résistances que localement ou par secteurs isolés.

Les organisations syndicales sont incapables de mettre eu oeuvre une riposte sérieuse. Qu’elles soient terrifiées à l’idée de déclencher des événements qu’elles ne contrôleraient pas, enfermées dans des logiques politiciennes ou engluées dans la collaboration avec les patrons, elles nous cantonnent dans des journées d’actions à répétition, sans lendemains, sans nous proposer de perspectives de combat. On peut d’ailleurs analyser ce rite réformiste de la « journée d’action » comme étant ni plus ni moins qu’un moyen de canaliser les mécontentements. Autant dire un enterrement de tout espoir, y compris pour l’obtention de miettes.

Seules les résistances locales parviennent parfois, de diverses manières, à des résultats. Fédérer les revendications n’est donc pas l’objectif des principales confédérations syndicales.

Ce qu’on nous présente sous le nom de démocratie n’est qu’une mascarade : le vrai pouvoir est entre les mains des hauts fonctionnaires, jamais élus, et d’une poignée de grands patrons. Les gouvernants, de droite comme de gauche, exécutent leurs désirs. Les politiciens de toutes espèces qui nous disent le contraire sont de fieffés menteurs. Ils nous saoulent de leurs fumées électorales, alors que, face aux rapaces de l’État et du Medef, nous n’avons qu’une seule solution : la lutte sans merci.

Les patrons ne nous feront aucun cadeau. Ils sont avares, cyniques, brutaux. Ce sont des voyous. Ils s’entendent pour nous tondre la laine sur le dos. Ne soyons plus des moutons ! Ça suffit comme ça ! Il est grand temps de mettre un frein à leur arrogance. Et nous pouvons le faire si nous nous en donnons les moyens.

Les partis politiques nous trahissent ? Laissons-les crever. Nos organisations syndicales ne nous défendent pas ? Investissons-les, portons-y la flamme de la révolte. Et, si c’est nécessaire, débordons-les, construisons mieux et plus fort, organisons-nous à la base, en assemblées générales, en comités de grève révocables, en groupes interprofessionnels, pour construire la grève générale expropriatrice et autogestionnaire.

L’urgence du moment, c’est de relever le mouvement social, qu’il retrouve sa combativité nécessaire à tout progrès social. Pour cela, il n’y a pas de recette, seulement l’huile de coude, le temps donné, la solidarité et la ténacité. De toute façon, rien ne se fera que nous ne ferons nous-mêmes.

Les militants anarchistes réclament et prendront toute leur place dans la lutte à venir. Seul l’anarchisme, l’idée émancipatrice de l’individu, n’a jamais vendu les intérêts des travailleurs à l’État et aux patrons. Seul l’anarchisme peut tirer le mouvement des travailleurs de l’ornière et ouvrir la perspective d’une vraie transformation sociale. Ne plus faire confiance en ceux qui trahissent régulièrement les intérêts de ceux qu’ils prétendent défendre, cela signifie ne plus les élire. Ils ne pourront plus se réclamer d’aucune légitimité. Contre tous ces exploiteurs, petits et grands, l’idée et la pratique libertaires sont les meilleures armes !
CELUI QUI SE BAT PEUT PERDRE
CELUI QUI NE SE BAT PAS A DÉJÀ PERDU !
1er mai 2015

mercredi 8 avril 2015

La lutte des chibanis du rail pour l'égalité

Entre les 23 et 27 mars, 916 chibanis (« cheveux blancs » en arabe), travailleurs à la SNCF, divisés en dix-huit groupes de plaignants sont passés devant la cour des prud’hommes de Paris pour la discrimination salariale dont ils ont été victimes.

Au début des années 1970, la SNCF peinait à recruter pour ses métiers les plus ingrats et les plus pénibles. Elle alla donc chercher de l’autre côté de la Méditerranée la main-d’œuvre bon marché qui lui faisait défaut. Près de 2 000 Marocains, mais également des Algériens et des Tunisiens quitteront le continent africain pour les triages ferroviaires français. Durant toute leur carrière, ils se verront cantonnés aux métiers les moins rémunérés et les plus dangereux (agents de manœuvre, enrayeurs, caleurs, chaîneurs…). N’étant pas Français, ils se verront refuser l’embauche au statut et signeront des contrats de droit privé – appelés PS 25 à la SNCF – tandis qu’ils se verront rattachés à la convention de la métallurgie au lieu de celle des chemins de fer. Leur contrat stipulait pourtant que « le travailleur doit recevoir travail égal, une rémunération égale à celle de l’ouvrier français de même catégorie… 


L’égalité s’étend également aux indemnités s’ajoutant au salaire ». Les travailleurs étrangers ne peuvent évoluer que sur trois grades contre huit grades pour les cheminots au statut, l’accès aux examens leur est refusé parce qu’étrangers, et même ceux qui ont réussi à passer les concours avec succès se sont vu refuser la promotion qui va avec, parce que non français. La discrimination a également portée sur la protection sociale, inférieure à celle de leurs collègues français : les chibanis doivent travailler en moyenne sept ans de plus que leurs collègues, pour une retraite deux fois moins importante, ils n’ont pas accès aux médecins SNCF, et les pensions de réversion aux veuves sont misérables, en moyenne 300 euros.

Le bras de fer juridique a commencé en 2001. En 2005-2006, une démarche juridique entamée par SUD-Rail avait permis à au moins deux tiers des cheminots contractuels marocains de partir à 60 ans avec des indemnités de départ. Entre-temps, un certain nombre de ces cheminots ont pu acquérir la nationalité française et pour une partie d’entre eux intégrer le cadre permanent ce qui a pour effet de multiplier les particularités individuelles parmi les plaignants.


La direction de la SNCF joue la montre et multiplie les recours arguant de la prescription des faits et qu’à l’époque la loi n’interdisait pas selon elle les traitements discriminatoires entre travailleurs français et étrangers au sein d’une même entreprise. Or l’égalité de traitement est inscrite dans la Constitution de 1958, et également dans les textes de l’Organisation internationale du Travail ou encore de la Convention européenne des droits de l’homme que la France a ratifié bien avant.


Enfin la discrimination des travailleurs étrangers va bien au-delà de la SNCF, elle touche depuis longtemps les anciens combattants tandis que l’on estime à près de 850 000 les travailleurs étrangers maghrébins, subsahariens ou chinois venus travailler à France comme à Renault ou dans les houillères du Nord…


Enfin, le soutien syndical a été bien rare et bien tardif. Depuis une dizaine d’années, seul SUD Rail soutient la lutte des chibanis, un militant du syndicat explique que « les syndicats ont longtemps pensé que défendre les contractuels était une façon de reconnaître qu’ils existaient, alors que leur combat portait sur la défense des travailleurs à statut. Et puis, il y avait une sorte de compromis non écrit entre les centrales et la SNCF : il y avait seulement 8 % de contractuels, mais en contrepartie tout le monde s’accordait pour les laisser dans des zones de non droit ».


SUD-Rail revendique, seul et depuis toujours, l’abolition de cette « clause de nationalité » responsable de ces discriminations. Les autres entreprises publiques (la Poste, EDF-GDF, la RATP, Air France, etc.) ont depuis longtemps retiré la clause de nationalité discriminatoire, et ont reconnu l’égalité au travail des salariés extra-européens.


La loi du 4 août sur la réforme ferroviaire prévoit l’éclatement de la SNCF et la remise en cause des droits des cheminots. Aujourd’hui, le gouvernement et le patronat ferroviaire pratiquent le dumping social et veulent niveler par le bas nos conditions de travail. Ainsi, les 155 000 cheminots du public devraient s’aligner sur les 3 000 du privé. Diviser pour mieux dominer et exploiter, c’est toujours la même stratégie des puissants.


À même travail, même salaire et mêmes droits, que l’on soit cheminot de la SNCF ou du privé, que l’on soit Français ou étranger. La prochaine grande lutte des travailleurs du rail, c’est le statut unique et les conditions de travail uniques sur les bases minimales du statut de la SNCF et du RH 0077. Ce procès est un symbole, celui de l’exploitation systématique des travailleurs immigrés dans la France d’après-guerre et des Trente Glorieuses. C’est aussi malheureusement celui du racisme que l’on trouve partout, y compris dans les organisations syndicales qui préfèrent encore aujourd’hui trop souvent ignorer voir mépriser cette classe des travailleurs.


Dans nos syndicats, les militants anarchistes ont la responsabilité de contribuer à élever la conscience politique et syndicale des travailleurs pour combattre TOUS les racismes et toutes les tentatives de division et d’opposition des travailleurs entre eux. L’union de TOUS les travailleurs dans l’action directe et les luttes autonomes et autogérées constitue la force révolutionnaire capable de faire basculer le vieux monde, d’abolir le salariat et d’abattre les frontières pour construire le communisme libertaire.


Chaque chibani réclame en moyenne 400 000 euros de dommages et intérêts. La décision pour les 213 premiers dossiers sera rendue le 21 septembre.



Julien - groupe Emma Goldman


Publié dans le Monde libertaire # 1770 du 2 avril 2015





samedi 28 mars 2015

Départementales du 29 mars 2015 : Agir au lieu d'élire

 Au deuxième tour, le 29 mars : on s’abstient toujours plus

Quand un électeur sur deux ne se déplace pas aux urnes et quand un parti d’extrême droite dépasse les 25%, cela devrait donner à réfléchir aux organisations politiques dites d’alternance.

Mais non, tout le monde est satisfait du résultat.

50% d’abstention en France c’est mieux que 55% ! Les politiciens se félicitent de ce taux de participation!

La droite est à 36% des voix, c’est la grande gagnante…Le PS/PRG est à 28%, c’est très honorable et le FN réalise l’exploit à 25% ! Que des gagnants !

Alors puisqu’ils sont tous gagnants, ils ne verront aucun inconvénient à ce l’on amplifie l’abstention au deuxième tour.

Car au lendemain du 29 mars, le chômeur ne trouvera toujours pas de boulot. L’ouvrier qui a du mal à boucler ses mois sera toujours dans la dèche. L’enseignant qui travaille en Zone d’éducation prioritaire aura toujours des conditions de travail déplorables. Celui qui habite dans un quartier ghetto retrouvera son environnement dégradé. Le retraité devra encore se serrer la ceinture bien qu’ayant bossé toute sa vie. Le jeune sera toujours exclu du marché du travail. Le travailleur sera comme souvent méprisé par son employeur…

Les élections se suivent et se ressemblent bougrement. Ils ont voté et puis après! disait Léo Ferré.

Pendant que les profits du CAC 40 explosent(56 milliards d'euros ont été versés aux actionnaires du CAC 40 en 2014, soit une augmentation de 30% par rapport à l'année précédente), les travailleurs doivent faire encore et toujours des efforts. Il faut faire baisser les dettes des communes, de l’État. C’est toujours moins de services publics, moins de moyens pour les gens et moins de pouvoir d’achat pour les chômeurs et les salariés. Alors de qui se moque-t-on ?

Qu’on remette ces petits marquis de la politique politicienne au boulot, le vrai, celui qui se gagne à la sueur de son front, pas celui obtenu par les pigeons d’électeurs, à coups de subventions d’État...

On nous propose un vote pour l’UMP ou le FN : deux partis réactionnaires. Pas question de voter pour les ennemis des travailleurs ! On nous propose de voter pour le PS, ce parti de gouvernement fossoyeur du mouvement ouvrier et défenseur de la loi Macron. Pas question de voter pour cet ennemi des travailleurs!

Les anarchistes boycottent les élections et appellent à l'abstention active. Nous refusons de cautionner un système électoral qui attribue de véritables chèques en blanc à une classe de politiciens corrompus, déconnectés des réalités sociales et qui se rétribuent grassement sur le dos des travailleurs. Nous refusons de cautionner une classe politique qui demande aux travailleurs de se résigner aux sacrifices, à la précarité et à la pauvreté quand elle multiplie les cadeaux aux riches et aux puissants qui ne se sont jamais aussi bien portés .

Les anarchistes proposent la démocratie directe, basée sur le fédéralisme libertaire, le mandatement impératif et la révocabilité permanente des mandatés. Notre abstentionnisme est actif et révolutionnaire, ce n'est pas celui du pêcheur à la ligne. Seule la lutte directe des exploités contre l’État, le patronat et les bureaucraties syndicales et politiques ouvre la perspective de véritables changements, à la révolution sociale.

La grève générale, expropriatrice et autogestionnaire est le prélude à un société communiste libertaire, sans classe ni État où Liberté, Égalité et Solidarité ne seraient pas de vains mots aux frontons de bâtiments officiels mais des réalités concrètes et vivantes. Mais pour cela il faut d'abord rompre avec toutes les illusions électorales et les mirages politiciens.

« L'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » 





Groupe Emma Goldman de la Fédération anarchiste - Périgueux
                  
                                                                                      28/03/15

jeudi 8 janvier 2015

À bas l'obscurantisme et tous les fascismes



Tract du groupe Emma Goldman de la Fédération anarchiste 




Le massacre qui vient d'avoir lieu ce 7 Janvier à Paris est d'une extrême gravité. Cette attaque terroriste a malheureusement une signification éminemment politique : son but est d'imposer sa volonté par la force et la terreur, c'est à dire d'interdire et de dissuader toute critique, toute contestation, et même tout trait d'humour contre les dogmes religieux et contre l'idée de dieu même. Il importe pour nous, anarchistes, non seulement d'en déplorer les effets mais surtout d'en dénoncer les causes. 

 

D'une part, une « crise économique » persistante qui frappe la population et dont profitent les capitalistes avec la complicité d'une classe politique corrompue et accrochée à ses privilèges.



D'autre part, la diffusion massive d'une idéologie obscurantiste qui nie la lutte des classes et la liberté de l'individu.



Le tout se déroule dans un contexte de division et de stigmatisation où les communautarismes, les particularismes et les concepts ethno-différentialistes progressent et font le jeu du pouvoir et des populistes et réactionnaires de tout poil.



Nous mettons en garde dans ce climat de choc émotionnel contre toutes les manœuvres politiciennes. Celles qui visent à attiser les peurs et les haines sur fond d'un discours fantasmé sur la disparition d'une France envahie par les « étrangers » et les « barbus », tout comme celles qui, à droite comme à gauche et sur fond d'unité nationale factice, mettent en œuvre et accentuent des mesures sécuritaires et liberticides tout en privilégiant des relations troubles avec des États et des gouvernements finançant et soutenant ouvertement le djihadisme international et les mouvements les plus violents et les plus rétrogrades de l'Islam.



La tuerie à laquelle nous venons d'assister n'est qu'un des résultats dramatiques de cette situation qui a permis aux religions de redevenir un fait sociétal soit disant respectable. Le retour de l'influence religieuse dans la vie politique et sociale est une réalité : de la remise en cause de l'IVG, aux ingérences dans les programmes scolaires, aux manifestations contre l'égalité des droits pour les homosexuel-le-s jusqu'aux tentatives d'interdire le droit au blasphème et au delà toute critique des religions et des dogmes sacrés. Toutes les forces et volontés attachées à la pensée libre et au progrès social et humain doivent se mobiliser contre l'hydre obscurantiste.



Les religions sont des idéologies de soumission et de résignation, elles sont porteuses d'actes fanatiques et criminels, Voltaire l'écrivait déjà : « Ceux qui font croire des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités. »



L'émancipation des exploités ne sera jamais l'œuvre de partis politiques ou de religions, mais au contraire celle de leurs luttes solidaires et autonomes contre l’État, le capitalisme et toutes les religions.


Ni dieu ni maître !


08/01/15


Communiqué des anarchistes et libertaires de Dordogne


Ce mercredi matin, à 11h25, des assassins masqués, lourdement armés, ont « arrosé » pendant plusieurs longues minutes tous les locaux du journal satirique « Charlie-Hebdo », à Paris, faisant de nombreux blessés et douze morts recensés à cette heure.

Parmi eux, des salariés/es, des journalistes, et cinq dessinateurs célèbres, témoins, soutiens et/ou acteurs passés ou présents de nombreux combats libertaires : Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Honoré, Bernard Maris. Toutes ces personnes sont mortes uniquement parce qu’elles travaillaient dans un journal d'humeurs et d'humour.

Quoi que nous puissions penser de ce qu'était devenu « Charlie », nous ne pouvons pas, en tant que libertaires et anarchistes, supporter qu'on s'attaque à la liberté d'expression, droit humain fondamental, et à la liberté de la presse. Nous sommes indignés par ce crime, et ce d'où qu'il vienne, quel que soit le fanatisme religieux ou politique qui l'a armé, nous tenons à manifester notre solidarité pleine et entière, et à condamner cette horreur.

Pour autant, nous condamnons aussi la réponse politique du gouvernement social libéral, qui se borne au tout répressif, en rehaussant le niveau du plan vigipirate qui est pour nous une réponse inappropriée, liberticide, fondée sur la peur et la violence étatique légale. Nous nous opposerons aussi, aujourd'hui comme hier, à toute stigmatisation qui pourrait résulter d'une volonté politique d'assimiler des personnes au nom de leur culture ou de leur religion à cet acte atroce ; le risque d'instrumentalisation par l'extrême-droite étant une évidence.

Nous ne serons d'ailleurs d'aucune union nationale avec les apprentis sorciers qui jouent avec le racisme, attisent les haines contre les musulmans, les étrangers, ou se servent de cette affaire pour mettre en place de nouvelles lois liberticides. Ils portent une lourde responsabilité dans le climat xénophobe et délétère que nous connaissons aujourd’hui.

Parmi les indignés/e d'aujourd'hui de par le monde serons-nous nombreux/ses à faire le bilan des responsabilités dans la situation présente ? Quant aux fabricants d'armes, vendeurs officiels et trafiquants il semblerait qu'il ne soient pas prêts à lâcher le marché !

Les Anarchistes et Libertaires de Dordogne
(AL, Collectif Libertaire, FA)